De nos jours, se trouver un logement à Conakry est un véritable calvaire pour de nombreux citoyens de la capitale guinéenne, qui ne peuvent pas se bâtir leurs propres maisons. Les logeurs, peu sensibles à leur situation, n’hésitent pas à leur pourrir la vie. «À chaque fin d’année, les propriétaires de maisons augmentent le prix du loyer. Parfois, ils peuvent augmenter jusqu’à 100% en une seule fois», déplore un père de famille rencontré à Wanindara. Ainsi, explique-t-il, pour continuer à occuper un appartement comprenant deux chambres et un salon qui coûtait 250 000 francs guinéens, il faut débourser désormais 500 000.

Mais, selon lui, le plus difficile à supporter, c’est le fait que la plupart des propriétaires de maisons réclament le paiement de plusieurs mois, voire toute l’année en une seule tranche. Une décision qui n’arrange pas les locataires qui souvent ont des revenus très faibles pour couvrir toutes les charges familiales. D’après de nombreux témoignages recueillis par Kababachir.com, ceux qui refusent ou n’arrivent pas à satisfaire aux demandes des logeurs sont obligés de plier bagages pour laisser les lieux à de nouveaux occupants qui d’ailleurs paieraient beaucoup plus.

Un autre citoyen, habitant à Sonfonia dans la commune de Ratoma, estime pour sa part que la hausse injustifiée de frais de loyer est une technique qu’utilisent certains propriétaires de maisons pour se débarrasser de leurs locataires. «Ils poussent les locataires à tel point qu’ils ne peuvent plus supporter les frais de location. Ne pouvant pas payer, car étant généralement pauvres, ils sont obligés de partir», déplore-t-il, avant d’inviter l’État à s’intéresser à cette crise de logement qui frappe une certaine catégorie de la population.

Comme pour ne rien arranger, les démarcheurs font irruption dans les affaires pour se remplir les poches. Ainsi, à chaque fois qu’une chambre est libérée, le prochain occupant devra non seulement s’acquitter des frais de loyer allant de six mois à un an, mais aussi donner l’équivalant d’un mois supplémentaire au démarcheur qui lui a montré la pièce. Par exemple, si le mois coûte 150 000 francs et que le propriétaire exige le paiement de six mois, le nouvel occupant doit verser le jour de la signature du contrat de location la somme de 1 050 000 francs (150 000 francs × 6 mois = 900 000 + 150 000 qui doivent aller dans les poches du démarcheur).

Les propriétaires de maisons justifient leur décision par la hausse de prix des matériaux de construction. Un sac de ciment est par exemple vendu actuellement sur le marché à Conakry autour de 65 000 francs. Une hausse considérable, comparée aux décennies précédentes. Toutefois, la plupart des habitations étant construites depuis plusieurs années, cet argument n’est pas assez solide pour s’acheter auprès des locataires. La particularité de la ville de Conakry étant sans doute le fait d’avoir été construite essentiellement par des particuliers, aucune réglementation n’est pour l’heure prise pour encadrer le secteur immobilier. Aux grands regrets des citoyens à très faibles revenus…